L’École du Bois
Depuis 1975, marqué par la prise de pouvoir par les « Khmers Rouges », le Cambodge se reconstruit tant bien que mal, de conflits militaires en conflits politiques. La paix et la sécurité sont aujourd’hui assurées mais la pauvreté reste préoccupante.
Aujourd’hui, le pays est l’un des plus pauvres de l’Asie sud-orientale. Presque 35% des 11,5 millions d’habitants vit au-dessous du seuil de pauvreté et l’espérance de vie dans le pays est de 56 ans, l’une des plus basses de la région. D’après l’Indice Global sur la Faim, le Cambodge fait déjà partie des 12 endroits qui souffrent de la faim dans le monde de manière majoritaire.
La réduction de la pauvreté est un véritable défi et repose sur une croissance économique soutenue, la création d’emplois est primordiale et passe par le développement de nouvelles sources de croissance, associé à une meilleure répartition des richesses.
Le projet d’une École du Bois contribuera à répondre à cette problématique.
Aujourd’hui, le bois, une des ressources naturelles du pays, fait l’objet de coupes dommageables pour l’environnement et souvent illégales ; il est, pour l’essentiel, acheminé vers l’étranger sous forme de grumes. Lorsqu’il apparaît sous forme de produits manufacturés (portes, escaliers, meubles, etc..) sur le marché local, il est mal dégrossi ou, pour les ouvrages de qualité, il aura été travaillé par une main d’œuvre issue des pays voisins.
Il y a bien présence de ressources naturelles d’une part et présence d’un marché local d’autre part, tiré par le boom du tourisme et le développement de la construction, mais le savoir-faire de qualité est absent.
Il y a bien présence de ressources naturelles d’une part et besoins des consommateurs d’autre part, mais le savoir-faire de qualité fait défaut.
La solution pour l’avenir consiste à former les Cambodgiens :
- à acquérir un savoir-faire dans les métiers du bois,
- à maîtriser la transformation des ressources dont ils sont les propriétaires,
dans le but de :
- les aider à trouver un emploi qui leur permette de rester dans leur campagne d’origine,
- les sensibiliser à une exploitation mieux régulée, plus économe de la forêt,
- et surtout leu permettre d’envoyer eux-mêmes les enfants qu’ils auront à l’école
ACTIONS PREVUES
La réalisation du projet passe par
- la formation des futurs maîtres en menuiserie et ébénisterie
- la construction d’un établissement pour accueillir les classes, l’atelier, les dortoirs pour les apprentis, une cantine, un bureau pour l’encadrement, des sanitaires.

La formation est assurée par 4 ébénistes bénévoles du Québec et de France.
La construction de l’école répondra à des concepts écologiques appliqués au bâtiment, en évitant une simple transposition de modèles occidentaux inadaptés : régulation thermique naturelle des pièces intérieures du bâtiment de l’école.
PRINCIPES MOTEURS DE REALISATION
Respect de l’environnement
La construction de l’école répondra à des concepts écologiques appliqués au bâtiment, en évitant une simple transposition de modèles occidentaux inadaptés : régulation thermique naturelle des pièces intérieures du bâtiment de l’école, toilettes sèches avec usage de sciure de bois et récupération du compost pour la culture
Un module du programme pédagogique sera plus particulièrement dédié à l’environnement et à la sauvegarde des forêts
Les chutes de bois issues de la production de meubles pourront être recyclées dans la fabrication d’ustensiles, de jouets
Simplicité
- dans l’adéquation du projet au contexte local, climatique, culturel, social (mode de vie rural). L’école est implantée en milieu rural.
- du contenu du programme de manière à faciliter les acquis et accroître sa pertinence
- des processus de fabrication de manière à réduire les coûts de mise en œuvre, d’exploitation, d’entretien.
Modularité du programme de formation pour
- faciliter l’intervention de formateurs étrangers pour des modules complémentaires
- entretenir la motivation des apprentis par une acquisition progressive des savoir-faire, qui sera entrecoupée de périodes de pratique professionnelle (alternance)
- permettre aux apprentis d’assurer les périodes de moisson
Pérennité des débouchés sur le marché local, portés par la croissance soutenue de l’industrie du bâtiment, soutenue par le développement du tourisme
recherche de débouchés extérieurs appuyée sur des partenariats avec des designers
Cohérence de l’action sociale
Les apprentis seront recrutés en priorité parmi les jeunes issus d’orphelinats, de centres d’enfants soutenus par des associations.
MOYENS MATERIELS ET HUMAINS
Un terrain a été acquis en vis-à-vis de l’atelier de menuiserie existant de M. Srun Hor, dans la commune de Voâ Sâr, province de Kompong Speu.
Le plan de l’école est fourni par un architecte japonais bénévole, passionné de concept écologique appliqué à la construction et acquis au projet.
Pour accompagner le processus d’inscription au cadastre et anticiper les démarches nécessaires à la demande du permis de construire de l’école, une rencontre a eu lieu avec le gouverneur de Kg Speu qui nous a assuré son concours. Le permis de construire a été obtenu.
PARTENAIRE LOCAL
Le projet a reçu le plein soutien du Ministère cambodgien de l’Education, de la Jeunesse et des Sports, notamment pour la validation des diplômes, ainsi que celui du Ministère du travail et de la Formation Professionnelle, intéressé d’intégrer ce programme dans le référentiel national.
Srun Hor, directeur d’un atelier de menuiserie à Kompong Speu, apporte le soutien d’une structure opérationnelle et héberge l’espace atelier équipé de machines dans les surfaces de l’usine dédié à la formation des formateurs.
RESSOURCES HUMAINES
Kénory You, Présidente de ESK, chef de projet
Nathalie Lacour, relais du projet au Japon
Marie-Eugénie Fourteau, équipe projet
Christian Moulès, équipe projet
Mme You Kim Yean, Déléguée générale d’ESK, au Cambodge.
M. Hing Kunthap, Délégué pour l’école du bois, au Cambodge
M. Sin Tho, directeur de l’école du bois
M. Dominique Gass, directeur financier de l’école du bois
Formateurs bénévoles français et canadiens : Simon Bouju, Jérôme Boudreault, Nathalie Bilodeau, Jean-Luc Trudel
SOUTIENS FINANCIERS DU PROJET
La Fondation Air France
CDC-Tiers Monde, association d’employés de la Caisse des Dépôts et Consignations
Région Ile-de-France
Soluscope, une entreprise de Marseille
Amalydes, amicale des Anciens du Lycée Descartes de Phnom Penh
Donateurs individuels
BENEFICIAIRES
L’Ecole du Bois s’adressera aux jeunes de 15 à 20 ans, issus des centres d’enfants de l’association ESK notamment ou recrutés parmi les jeunes issus d’orphelinats soutenus par d’autres associations ou du milieu rural local. En rythme de croisière, l’école pourra accueillir une cinquantaine d’apprentis.
Le coût de la formation sera financé par la recherche de parrainages, individuels ou collectifs.
L’apprentissage sera assuré par des formateurs khmers, formés eux-mêmes par des formateurs francophones, des professionnels volontaires. On estime à quatre ou six le nombre de futurs formateurs permanents à l’école.
Les bénéficiaires du projet seront non seulement les apprentis et les formateurs, employés par l’école mais aussi leurs familles, bénéficiaires indirects.
VIABILITE DU PROJET
L’école serait le premier établissement dédié au travail du bois dans le pays. Le projet est soutenu par le Ministère de la Formation Professionnelle et du Travail. Un accord a été signé en octobre 2007 entre ce Ministère et l’association.
Les apprentis trouveront des débouchés sur le marché local, porté une forte dynamique de l’industrie du bâtiment, soutenue elle-même par le développement du tourisme.
Ces conditions nous permettent d’être confiants dans la pérennité du projet.
Dès 2010, la création d’une coopérative de menuisiers issus de l’école sera envisagée de manière à capitaliser sur la formation acquise et à fonder les premiers éléments de la reconnaissance de ce savoir-faire et d’auto-financer en tout ou partie l’école.

Murs, charpente, escaliers, huisserie, clôture, mobilier, manches d’outils et combustible :
le bois est omniprésent dans le mode de vie cambodgien.




