O’ambel

Aide à un village de militaires handicapés (route, puits, appareillages)

 

Près de la ville de Sisophon, dans la région de Bantay Manchey (nord ouest du Cambodge), il existe dans la commune de O’ambel un petit village, dénommé « groupe n° 35 ».

Quarante-huit familles y vivent. Tous les chefs de familles sont d’anciens militaires démobilisés après avoir sauté sur des mines. L’un d’entre eux, par exemple, a eu les deux jambes arrachées par les mines pendant qu’il gardait la frontière thaï, en 1994. Il reçoit une pension du ministère des armées de 1000 baths (environ 25 $) tous les 3 mois. Auparavant, ces familles vivaient dans des camps à la frontière thaïlandaise. En 1995, le ministère de la défense cambodgien les a installées dans ce village de O’ambel en leur octroyant un terrain de 40 m x 15 m à chacune, ainsi qu’une petite pension. Cette dernière étant insuffisante, beaucoup de villageois cassent des cailloux pour un salaire de 20 $ par mois.

Les maisons sont des paillotes ; seules dix des familles vivent dans des maisons en dur. Cinq enfants sont parrainés par « Les enfants du Mékong ».

Les villageois ont sollicité ESK en 2003. Au début, ils souhaitaient bénéficier d’une banque de chèvres comme celle de Kla Kon Thmeï, mais ils ont finalement opté pour la construction d’une route afin que les hommes handicapés puissent se déplacer. Un homme amputé d’une ou deux jambes, par exemple, même avec prothèse et même en fauteuil roulant, ne peut se rendre au village sans mal. En effet, la « route » qui désenclavait le village était un simple chemin de terre de deux kilomètres sur un terrain accidenté, qui est, de plus, inondé à plusieurs endroits en temps de mousson. Une bonne route devait permettre aux villageois d’être plus autonomes pour se rendre au marché de la commune tous les jours et vendre la récolte de leurs plantations (bananes, papayes, manioc, citronnelle, arachides, cannes à sucre, haricots verts, oignons, choux, aubergines, …).

Le chemin dans son état de 2003, tracé en terrain tantôt dégagé, tantôt difficile,
jamais pratique pour un handicapé.

Les enfants aussi avaient besoin d’une meilleure route pour aller à l’école. En saison des pluies, ils étaient obligés de faire des kilomètres supplémentaires pour se rendre en classe, ce qui en décourageait certains…

Cette route va bénéficier aussi aux familles d’un village mitoyen, le « groupe n° 34 ».
C’est donc la vie de plus de 500 personnes dont plus de 300 enfants qui sera améliorée.

En parallèle, ESK a projeté, sur la demande des villageois :

  • la construction de deux puits (les deux pompes dont ils sont équipés depuis l’année 2000 ne suffisent pas à l’arrosage des plantations et aux besoins quotidiens des familles, en saison sèche. Le coût est d’environ de 300 $ chacun).
  • l’appareillage en prothèses des villageois mutilés.

Une première tranche des travaux a pu être menée en 2004 grâce à une subvention de S.M. Norodom Sihanouk : le tracé de la route a été dégagé et aplani.

La mission ESK de novembre 2004 a permis de mettre au point, avec le gouverneur provincial, un calendrier de réalisation et de financement des derniers travaux, qui portaient sur la surélévation et le revêtement de la route ainsi que sur l’aménagement de ponts, pour garder la route praticable et sèche en saison des pluies. La deuxième tranche des travaux, la plus importante, a ainsi été menée à bien au quatrième trimestre 2004, grâce à une donation de la Fédération des Clubs Sportifs et Artistiques de la Défense (FCSAD) et à celles de HAMAP Démineurs, du Cercle Wagram et de ESK.

La route est désormais ouverte et a été officiellement inaugurée le dimanche 17 avril 2005.

La nouvelle route et son inauguration en avril 2005

Cependant, il reste encore :

  • à drainer les fossés et la route, pour un coût approximatif de 3 000 $, à la suite de quoi les représentants du ministère des travaux publics ont promis de faire goudronner la route
  • à réaliser les deux puits
  • à faire appareiller les handicapés